La bonne façon de nettoyer... - Léandre Austin
Léandre Austin

Je tiens un café plutôt sympathique sur la rue principale, ce qui me permet de faire toutes sortes de rencontres! Mon quotidien est donc enrichi de singulières et inspirantes personnes. Mon blogue, c’est définitivement cette vision que j’ai de la vie - proposée en format Web. Une sympathique ambiance règne dans chacune de mes écrits. J’espère que vous apprécierez me lire autant que j’ai du plaisir à écrire.

La bonne façon de nettoyer...

La bonne façon de nettoyer... - Léandre Austin

J’avais une console en marbre que je voulais bien nettoyer. Mon épouse avait tenté plusieurs fois, mais elle n’avait jamais réussi à trouver la bonne méthode. Le savon de Marseille était réputé pour nettoyer cette surface sans l’abîmer. J’avais lu qu’aucun liquide acide ne devait être projeté dessus. Le citron, le vinaigre, et même le champagne laissaient des traces impossibles à enlever. Je tentais de trouver des produits ménagers qui seraient à même de le faire briller. Cet intérêt soudain était dû au fait que j’avais retrouvé une grande plaque de marbre, et que je souhaitais la poser dans ma cuisine. Elle avait, tout autant que la console, été mal nettoyée. Je m’armais de patience et je recherchais dans les livres que ma grand-mère m’avait laissés. Ils contenaient des recettes pour faire briller son argenterie, conserver les pommes, ou encore lutter contre les mouches.

Pour ces dernières, placer un plant de basilic dans un pot était très efficace. De même, j’avais réussi à préparer une colle ordinaire, comme celle que les relieurs emploient pour la réparation de livres. À un mélange de farine de blé et d’eau, que je fais cuire, j’ajoute quelques cuillerées de vinaigre. Pour réchauffer mon lit, quand j’étais enfant, ma grand-maman me mettait une boîte en fer dans laquelle elle avait placé des morceaux de chaux vive, préalablement trempés dans de l’eau froide. La chaleur qui se dégageait de la boîte se communiquait aux draps glacés, et je pénétrais, au bout d’une vingtaine de minutes que je passais à déplacer la boîte, dans un lit beaucoup moins froid.

Elle avait même une recette pour empêcher l’encre de moisir. Un peu d’huile de lavande suffisait à la conserver. Le parfum qui se dégageait de ses encriers était inimitable. Elle faisait aussi bouillir son lait le matin et le soir, surtout pendant l’été, pour éviter qu’il tourne ; elle mettait ses pommes dans des tonneaux avec du sable pour les conserver tout l’hiver ; avec de la résine de benjoin, elle réalisait un vernis qui lui servait à raviver ou à réparer celui de ses meubles. Elle m’avait dit que, si elle ajoutait un peu de safran, le vernis deviendrait doré. Toutes ses recettes m’avaient accompagné pendant ma vie. J’étais convaincu que nous devrions tous les connaître. Mon fils, pour rire, me proposa de m’aider pour créer un blogue sur le sujet. Il m’avait déjà appris à me servir de google adwords. Je relevais le défi.