Les tâches interminables - Léandre Austin
Léandre Austin

Je tiens un café plutôt sympathique sur la rue principale, ce qui me permet de faire toutes sortes de rencontres! Mon quotidien est donc enrichi de singulières et inspirantes personnes. Mon blogue, c’est définitivement cette vision que j’ai de la vie - proposée en format Web. Une sympathique ambiance règne dans chacune de mes écrits. J’espère que vous apprécierez me lire autant que j’ai du plaisir à écrire.

Les tâches interminables

Les tâches interminables - Léandre Austin

Quelqu’un qui travaillait à la réception d’une agence placement infirmier, me disait qu’elle n’arrêtait pas de recevoir des appels pour placer le personnel. Son expiration, soupirant fort, m’inspira pour partager ce propos avec vous aujourd’hui.

Vous avez peut-être aussi connu ces épisodes de travail intense, où chaque matin, l’ouvrage abonde sans qu’on ne puisse en voir pour autant la fin, lorsque le soir arrive. Moi aussi, je connais cela, et j’ai l’habitude de dire que j’ai « une louche de travail » avec chaque personne que je rencontre. C’est ma façon d’imager le temps que prennent les suivis des engagements et la poursuite de la routine journalière.

Dans l’antiquité, les Grecs dans la mythologie, avaient illustré cela par le mythe de Sisyphe. Certes, Sisyphe fut puni pour sa ruse et son côté roublard, à vivre l’enfer par le dieu Hadès. Il se retrouvait sur terre, obligé de monter une grosse pierre sur le versant d’une colline et de la faire passer de l’autre côté. Or la pierre était lourde, et chaque fois que Sisyphe croyait y arriver, cette pierre lourde retombait en bas de la colline. Le travail était à recommencer.

Plus tard, cette histoire inspira Albert Camus en 1942, et au moins huit films qui expriment, soit cet aspect absurde de l’éternel recommencement de certaines tâches, soit la solitude pesante, soit la lourdeur du cercle vicieux.

La réflexion de Camus est intéressante, car il part du principe que Sisyphe choisit de vivre ce châtiment. Ce choix le libère de cette condamnation. Il s’affranchit de ce que les dieux avaient prévu pour lui. Il est maître de sa vie, même s’il travaille fort.

Cette façon de se sentir responsable et de choisir de rester positif est nécessaire pour apprécier la vie. En effet, alors que des jeunes des communautés autochtones se sont suicidés récemment, parce qu’ils n’avaient pas d’espoir concernant leur vie, le mythe de Sisyphe devient pertinent. Ne lâchons pas lorsque la vie est pesante. Utilisons notre réflexion et nos filtres pour voir la version positive qui nous permettra de nous affranchir des difficultés. Cherchons l’énergie qui nous permettra d’être fier de ce qu’on accomplit. Cette démarche est nécessaire pour le bien-être mental. Nous avons besoin de nous sentir responsables, utiles et reconnus pour progresser.

Le travail est en quelque sorte, libérateur, si nous en sommes fiers, et si nous sentons la confiance des autres à notre égard. Si nos tâches permettent de faire du bien, ou si elles rejoignent un but ultime auquel nous aspirons, ce sens nous animera de l’intérieur pour être engagé et pour progresser. Sortons de la prison mentale, de ne voir que la tâche qui se renouvelle continuellement. Élevons nos pensées et notre perception pour sentir la liberté, la puissance et le plaisir dans l’ouvrage.