Nos souvenirs de pêche - Léandre Austin
Léandre Austin

Je tiens un café plutôt sympathique sur la rue principale, ce qui me permet de faire toutes sortes de rencontres! Mon quotidien est donc enrichi de singulières et inspirantes personnes. Mon blogue, c’est définitivement cette vision que j’ai de la vie - proposée en format Web. Une sympathique ambiance règne dans chacune de mes écrits. J’espère que vous apprécierez me lire autant que j’ai du plaisir à écrire.

Nos souvenirs de pêche

Nos souvenirs de pêche - Léandre Austin

Les parties de pêche avec mes amis sont un de mes moments préférés de l’année. On part entre copains et on oublie tout, le travail, les obligations quotidiennes. Tous les ans, la vieille cabane de mon ami d’enfance Denis, nous accueille pendant quelques jours. Il nous attend devant le porche de sa maison en bois, une bière à la main et un sourire aux lèvres. Nous savons que nous sommes là pour nous détendre et pour passer du bon temps.

Après moi, André prend tout son temps pour sortir ses sacs de son coffre de voiture. Essoufflé, il monte les trois marches, pose ses valises. Une fois, elles sont restées à la même place jusqu’au lendemain. Pierre et Yves arrivent toujours les derniers. Leur chambre est minuscule, avec des lits superposés. Pour savoir qui des deux aura le lit du dessus, ils chantent et le premier qui a oublié les paroles prend la place du dessous. Des vrais gamins…

Et nous parlons, le soir, devant le feu, des nouvelles de nos familles, d’Hubert qui a été soigné pour ses varices au laser, de la petite dernière d’Alice qui a perdu sa première dent. Nous nous souvenons aussi des bons moments que nous avons passés ensemble.

Un matin, nous avons pris les chaloupes, comme à notre habitude, tôt. Le soleil se levait sur la rivière. C’était un bel été, très chaud dans la journée. La rosée s’était déposée sur les plantes des berges. Un vent frais soufflait sur les branches des saules qui se balançaient. Les trois embarcations dérivaient dans le courant. Nous étions tous silencieux.

Tout à coup, un cri aigu retentit. Je vis une personne se lancer dans l’eau et disparaître ; sans réfléchir, je me jetais dans l’onde. Je ne suis plus de la première jeunesse, aussi, très vite, je me fatiguais. Je m’efforçais de garder la tête hors de l’eau et de la retrouver. Je saisis un bras et tirais de toutes mes forces. La tête affolée d’un jeune homme émergea. Il crachait et se débattait, en criant qu’il ne savait pas nager. Je le ramenais sur la rive, tant bien que mal. Mes amis arrivèrent. Le jeune homme commença alors à parler. Il campait seul. Il avait entendu du bruit à l’extérieur, ce qui l’avait réveillé. Sortant juste la tête par l’ouverture de la tente, il avait vu un petit ourson juste à côté de lui et il était sorti en courant, oubliant qu’il campait au bord de la rivière.

Nous en rigolons encore maintenant. Cette anecdote reste notre préférée, et, chaque fois que nous nous retrouvons, nous la racontons en riant.